Dépaysement total en Laponie

Ice Hotel - Mur de glaceLa Laponie, terre de tous les extrêmes que peut présenter la Terre. Juste quelques minutes de jour en plein hiver et juste quelques minutes de nuit en plein été. Des températures atteignant facilement les -15°C en plein soleil en hiver. Et pourtant, après avoir passé près de 22 heures dans un train de nuit, à partager mon compartiment couchette avec deux Allemands, Mattias et Joachim, deux Néerlandais, Bart et Dany, ainsi qu’un Suédois nommé Erik, nous sommes finalement tous arrivés à Kiruna. Ici nous attendait à Jukkasjärvi, l’Ice Hotel construit chaque hiver, réalisé entièrement de neige et de glace, où la température intérieure atteint tout de même 5°C quelque soit le temps extérieur. Après avoir déambulé dans les nombreuses suites et chambres que propose l’hôtel – moyennant environ 300 € la nuit si tu as vraiment envie de passer une nuit à te geler les fesses – l’Ice Bar s’est offert à nous avec la particularité de boire des cocktails – composés entre autre de vodka Absolut – dans des verres sculptés dans la glace eux-aussi. Tu l’auras compris en Laponie, il est question de froid et de glace. Après un petit détour par la boutique de souvenirs, nous revenons à Kiruna où nous passons une partie de la nuit à chasser les aurores boréales, mais le temps couvert et venteux ne laisse rien apercevoir de ce spectacle supposé magnifique. Une petite excursion dans la neige au milieu des arbres nous a aussi permis de se retrouver avec de la neige jusqu’à la taille : on comprend mieux l’utilité du pantalon de ski, des deux paires de chaussettes, des gants et des chaussures de randonnée dans des moments pareils.

Escalade sur glace - Abisko
Le lendemain, direction Björkliden où nous arrivons après deux nouvelles heures passées dans un train. Après un repas pris au restaurant panoramique de la station et avoir admiré le paysage magnifique qui s’offre à mes yeux, ma première réelle activité du séjour commence : randonnée avec des chiens de traîneaux sur une dizaine de kilomètres dans la forêt. Après avoir failli me ramasser en beauté lors du premier virage, j’ai réussi à finir le trajet sans encombre. Le plus dur consiste en fait à trouver son point d’équilibre lors des virages, entre le pied prenant appui sur le traîneau et l’autre sur le frein. Le lendemain, un merveilleux lever de soleil sur ce panorama de rêve sonne la deuxième activité de mon séjour : randonnée de huit kilomètres en raquettes dans la montagne pour atteindre une série de galeries dans la roche où j’ai parfois dû jouer les hommes guimauves pour pouvoir réaliser le périple que nous avait concocté la guide. Finalement, le plus fatigant reste la randonnée en raquettes sur des pentes parfois à 40° où l’on se retrouve à s’arrêter toutes les 10 minutes, essoufflé comme jamais. L’après-midi, quelques uns d’entre nous ont arboré chaussures de ski, skis, et bâtons, pendant que d’autres étaient à l’intérieure d’un énorme tank ressemblant à un chasse-neige pour monter à 1.220 mètres d’altitude au refuge de Låktatjåkko, une maison perdue à 20 kilomètres de toute vie humaine, offrant quelques chambres, un restaurant-bar, un sauna et surtout des fameuses gaufres à la confiture d’airelles accompagnées de crème fouetté : un immense délice ! Après être resté 15 minutes dans le sauna, je suis allé me rouler dans la neige avant mieux rentrer asse rapidement au chaud. Le moins que l’on puisse dire est que tout cela est relativement… tonique ! Il paraît que ça raffermit les seins et les fesses. Une chose est sure, une autre partie du corps masculin est plutôt très rétrécie dans ces contrées arctiques.

Lever de soleil sur Björkliden
Après avoir posté quelques cartes dans la plus haute boîte aux lettres de Suède, les deux Suédois travaillant ici m’ont appris qu’apporter eau courante et électricité jusqu’ici coûte 3 couronnes suédoises par minute. Un rapide calcul donne 4.320 couronnes par jour, soit la modique somme de 460 € par jour. On peut dire que l’État suédois a véritablement défié la nature dans l’établissement de cette maison, sans regarder à la dépense. Mais on comprend mieux la nécessité de maintenir un refuge comme celui-ci dans la montagne étant donné l’hostilité dont peut être capable la Nature dans cette région bien au nord du Cercle polaire arctique. Après être rentré à la nuit tombée, nous avons passé la soirée à la recherche des aurores boréales par un soir de pleine Lune, et enfin, le miracle s’est produit : des vagues vertes lumineuses sont apparues dans le ciel pour mieux disparaître quelques secondes plus tard, et l’aurore boréale la plus impressionnante s’est étalée comme une bande sur environ les 3/5 de la voûte terrestre. Unique et magnifique, tels sont les mots qui viennent à l’esprit devant pareil spectacle. Finalement, le dernier matin a été l’occasion d’arborer à nouveau des chaussures de ski mais parées de crampons à glace, un casque et des pics à glace dans chaque main, pour escalader une cascade d’eau gelée dans un canyon à côté d’Abisko. Expérience unique mais surtout éreintante : arrivé à la moitié de l’ascension, la douleur et la fatigue s’installent dans les bras et les jambes, si bien qu’il a fallu se surpasser pour escalader la paroi jusqu’en haut. Quelques heures plus tard, il a fallu abandonner ce paysage montagneux et arrêter ces jours de découvertes ininterrompues pour rejoindre à nouveau Örebro. Un peu de nostalgie devant tous ses merveilleux instants et la tête pleine de souvenirs impérissables, la Laponie est le premier endroit qui m’a vraiment donné envie d’y revenir et j’espère pouvoir retourner un jour à Björkliden pour pouvoir revoir ce paysage de rêve. La Suédoise qui travaillait à la réception nous a même raconté qu’elle avait passé près de 25 ans à Malmö dans le sud de la Suède et qu’en venant ici pour la première fois, elle avait tout abandonné pour s’installer ici : devant la beauté du paysage, on la comprend facilement.

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