Marre d’en avoir marre

Période stressante et angoissante que constituent les examens, ceux-ci sont pourtant inévitables. Tranquillement installé dans un avion en partance pour Miami il y a un an, cette année je me retrouve dans un amphithéâtre à composer. Depuis deux ans leur inlassable répétition me harcèle. Après un bourrage de crâne intensif de littérature, de civilisation, de grammaire, de phonétique et de traduction pendant 12 semaines, on t’évalue sur 10 lignes de ton cours. A toi ensuite d’avoir beaucoup de chance : tomber sur un sujet que tu maîtrises et qui te plaît ou bien complètement l’inverse. Malheureusement, en ce moment, il s’agit plutôt du contraire. Ton examen de littérature tombe sur le cours du professeur qui n’a fait que la moitié de ses cours à cause de grèves, absences et feignantise totale de sa part pour ne rattraper aucun cours. Bien sûr, elle clame la clémence et répète à tue-tête que seule une connaissance primordiale de l’œuvre est nécessaire pour l’examen, il n’en reste pas moins que sur les quatre livres à lire du semestre, celui-là tu ne l’as pas lu, par faute de temps. Et le lendemain, tu as le droit à un sujet de phonétique sur quelque chose que tu n’as pas vu du semestre, à savoir la différence entre le son /t/ de tall, city et bit. Franchement même si tu le savais, en quoi cette connaissance te serait-elle utile ? Vient ensuite l’examen de compréhension orale sur la concurrence que se livrent Kellogg’s et Quaker pour réduire le taux de sucres et de sel dans leurs céréales : passionnant. Tu n’as plus qu’à rester assis pendant quelques autres heures pour les épreuves de traduction, de civilisation, d’espagnol – cette chère langue où tu n’as jamais eu la moyenne sauf au baccalauréat, jour de bonté d’un professeur qui t’a mis 12 – et la dernière épreuve : la grammaire.

Carte bancaire à puce
Et pourtant pour partir en Suède, il serait beaucoup plus simple pour toi comme pour l’administration que tu obtiennes ton année en juin. Dans le cas où tu n’aurais pas validé ta phonétique composée d’examens oraux, tu devrais même revenir à Reims en septembre pour passer tes examens. Et le cas échéant, si tu n’as que des écrits à repasser, le chef des examens n’est même pas en mesure de te dire si tu pourrais rester en Suède afin qu’on puisse te faxer les examens pour les passer sur place. Est-ce si difficile que ça de s’assurer qu’un examinateur sera en mesure de te surveiller et d’appuyer sur un bouton « envoyer » afin de faxer quelques feuilles de sujets d’examen ? Laisser le cadre auquel tu commences tout juste à t’habituer, puis prendre le train et l’avion pour revenir une semaine afin de passer des examens sont-ils des facteurs à ne pas prendre en considération pour que tu puisses justement obtenir ton année en toute sérénité ? Et toujours ses dossiers de bourse qui resteront en attente tant que les différentes administrations n’auront pas reçu une photocopie de ta carte d’étudiant de l’année 2006/2007. Heureusement que tes parents vont être là pour sortir la carte bleue pendant les premiers mois. Tout ceci pour te dire que si tu veux partir à l’étranger, aie ton année en juin. Le problème étant juste que le début de cette session a tout de même très mal commencé et l’espoir d’atteindre les onze de moyenne semestrielle pour valider cette seconde année s’envole petit à petit.

Avions Air France
En parlant d’envol, Air France t’informe que tu n’as le droit qu’à 20 kilos de bagages en soute quelque soit la durée où tu restes dans le pays de destination et que l’excédent de bagages est pénalisé par une franchise de 10 euros par kilo supplémentaire. On comprend mieux pourquoi Air France affiche des résultats financiers en progression. Que veux-tu que j’emmène pour 10 mois avec seulement 20 kilos de bagage quand, pour une durée de deux mois, la même compagnie me proposait jusqu’à 64 kilos pour voyager en Floride ? Merci au programme de fidélité d’Air France qui n’offre plus d’avantages à part des suppléments de bagages et des réductions mais uniquement sur les long-courriers. Alors dans ce flot de nouvelles toutes moins réjouissantes les unes que les autres, n’y en a-t-il même pas une qui réussirait à redorer un peu le bilan de ce mois de juin qui est plutôt catastrophique sur le plan des études, sur le plan amoureux – comme depuis si longtemps – et sur le plan financier ? Et maintenant que le soleil a décidé de repointer le bout de son nez, tu ne peux même pas en profiter, tantôt plongé dans une copie ou des cours, tantôt courant à droite et à gauche pour remettre des dossiers ici et là en temps et en heure. Vivement que ta deuxième année soit validée, que tes dossiers soient terminés et tu sois bien arrivé en Suède parce que tu n’en peux tout simplement plus.

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