La tentation du sucre

Macarons multicoloresCet évènement peut arriver à tout le monde, à n’importe quel moment. Une envie irrésistible et incontrôlable. Je ne parle pas d’un désir qui se manifeste par une érection ou une culotte humide quand tu croises une magnifique créature au détour d’une rue mais plutôt par une attraction démesurée vers la nourriture et plus particulièrement à destination des mets sucrés. Macarons, glaces, bonbons, profiteroles, gâteaux, tartes, sirops, sorbets, guimauves et chocolat ont de beaux jours devant eux. Et pourtant le culte du corps te tiraille : attention à cette fraise Tagada qui sitôt engloutie apparaîtra dès demain sur tes hanches ou non loin de ton nombril. Parfois l’appel du cœur et des papilles se fait plus fort que ta raison : tu craques. A chacun sa manière, à chacun son moment. Cela peut passer par un carré de chocolat discrètement dérobé dans la porte du réfrigérateur à la lumière de la Lune qui luit au dehors par cette nuit glaciale à l’engloutissement complet d’un paquet de biscuits devant ton téléviseur en moins de dix minutes devant une émission de télé-réalité inintéressante. Mais parfois la raison reprend le dessus quelques minutes ; la culpabilité t’inonde ; le remord te tracasse. Pourtant il n’existe pas vraiment de solution miracle dans ce monde où la consommation est primordiale et où les King Size fleurissent sur les emballages de barres chocolatées ou dans les menus affichés par la restauration rapide.

Dragibus multicolores
La santé de la population ne s’améliore pas vraiment quand on sait qu’augmentent les cas de diabète, de cholestérol, de surpoids et bien sûr d’obésité. Et pourtant, même si les chiffres semblent démontrer une aggravation du phénomène, la santé de la « rue » ne semble pourtant pas avoir radicalement changée. Mais après tout, qu’avons-nous à toujours nous soucier des autres ? Continuons donc à approcher tout doucement ce macaron si délicieux de nos lèvres sans aucun scrupule, puis à le croquer délicatement afin de le laisser fondre dans notre bouche pour en sentir la délicatesse et la fraîcheur qui s’en échappent et au final profiter de cette abondance de saveurs : vanille, chocolat, framboise, cognac fine champagne, noix de coco, caramel beurre salé, thé bergamote, citron et tant d’autres parfums prêts à émoustiller notre palais. Bonheur des yeux et baume du cœur. L’espace d’un instant nous nous transportons dans un monde fait de sucreries, où cette boîte remplie de douceurs devient notre bien le plus précieux à protéger de tout individu hostile prêt à nous dérober ne serait-ce qu’une miette de notre chère propriété. Consolons-nous et profitons-en tout en ingurgitant tout le sucre possible durant notre jeunesse, période pendant laquelle notre médecin ne jouera pas le rabat-joie en observant le résultat de notre dernière analyse de sang portant sur notre taux de sucres dans notre sang. Nous avons bien le temps d’être vieux, malades et de ressembler à des légumes perfusés sous insuline pour contrôler notre taux de glucides.

Chocolat sous toutes ses formesEnsuite, on ne peut pas vraiment dire que les médias nous aident véritablement dans notre combat contre le sucre. On bave devant une publicité qui nous rappelle le bonheur que procure un Twix et l’on en viendrait presque à lécher la vitre de l’abribus où Nestlé ose nous narguer ostensiblement en exposant une magnifique poire au sirop nappée de chocolat noir chaud. Comment résister dans ce monde où la tentation règne ? La réponse est toute simple : il est difficile de contredire notre bouche et notre cerveau, toujours à la recherche permanente du sucres. Les personnes minces et brûlants rapidement les calories font la jalousie des autres qui prennent le plus petit gramme à la moindre bouchée de nourriture absorbée. Comme si le monde n’était déjà pas assez imparfait, il faut en plus que l’injustice règne encore dans le monde de la diététique. Cruelle société qui divise la population entre envie et frustration, abondance et manque, mais surtout entre plaisir assouvi et plaisir inassouvi. Bien entendu, cette recherche de sucre n’est pas la seule quête qui confronte les individus à des cruels dilemmes : le cœur ou la raison. La raison ou le cœur.

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