Ce jour où tu m’as dit « Je t’aime »

Par le passé, j’ai souvent fait ce rêve de rencontrer un garçon qui saurait m’apprécier pour ce que je suis, avec mes défauts et mes qualités. Avec qui refaire ce monde qu’il est parfois bien difficile de comprendre et dans lequel nous devons malgré tout évoluer. Il y a pourtant tant de petits gestes que nous pouvons tous réaliser, au quotidien, pour faire de ce monde un monde qui ressemble à ce que nous voudrions en faire. Ramasser le téléphone portable qu’une personne handicapée vient de laisser tomber parterre. Rattraper la jeune mère de famille qui vient de perdre son bonnet sur la chaussée, sans s’en rendre compte, en sortant d’un taxi avec ses deux enfants. Faire don de vêtements que l’on a trop peu porté pour qu’ils soient finalement plus utiles à des personnes qui en ont réellement besoin… Notre monde a besoin de plus d’amour et je souhaitais croiser la route de quelqu’un qui n’hésite pas à bousculer certaines de mes idées reçues en m’apportant sa vision personnelle des choses. In fine, rencontrer un garçon à apprécier pour ce qu’il est, lui aussi. Sans artifice. Sans air de faux-semblant. Un garçon capable de rester un enfant dans un corps d’homme. Un être qui puisse avoir la tête dans les nuages tout en gardant les pieds sur terre, à même de partager ses forces et ses faiblesses, ses certitudes et ses appréhensions. Capable de discuter et de communiquer, ce qui est l’élément primordial d’une relation saine. Difficile est la quête de cet habile mélange de sérieux et d’auto-dérision dans laquelle je me suis lancé – avec plus ou moins d’entrain et d’assiduité – depuis mon arrivée à Paris. Après avoir réussi à décrocher mon master, cette campagne de recherche du Prince charmant a toujours été ponctuée d’échecs – notamment cuisants, mais formateurs – en 2015 et 2016. Hypersensible à souhait, j’ai décidé de vivre ma vie solitairement d’un point de vue amoureux, entouré d’amis précieux, d’une famille réduite mais aimante et surtout de continuer ma découverte du monde. Effectivement, je n’avais jamais autant voyagé depuis mon arrivée à Paris. Dans le contexte actuel de fracture socio-économique et de lutte pour un pouvoir d’achat en berne chez une grande partie de la population française, je réalise chaque jour la chance que j’ai de pouvoir partir plusieurs fois en vacances par an. Cette année 2018 a été marquée par l’Italie, la France, la Croatie, la Bosnie, le Royaume-Uni et la Chine. Et déjà des destinations me trottent dans la tête pour 2019, avec l’Egypte, l’Inde ou encore la Turquie. Cependant, j’éprouvais de plus en plus l’envie de partager mon quotidien et ce goût du voyage avec quelqu’un.

J’utilise volontairement le passé pour cette dernière phrase car tout a récemment changé. Je me souviens encore de ce dimanche si particulier, il y a quelques mois, par une douce journée ensoleillée d’automne. Rien ne nous prédestinait à s’aventurer sur les terres d’Éros et de Cupidon. Nous sommes désormais en décembre. La veille de Noël. Aujourd’hui, j’ai envie de te dire à nouveau que tu es le premier garçon qui arrive à me faire sourire de bien-être, tantôt gêné, tantôt épanoui, lorsque tu m’embrasses dans le métro, qu’il s’agisse des couloirs de Bastille ou des quais de Richard Lenoir. Je vois ces regards envieux que nous croisons lorsque tu es à mes côtés. J’aime te surprendre et venir te voir, même quelques minutes, sur ton lieu de travail, pour croiser ton regard, ton sourire ou encore entendre le son de ta voix. Le temps défile sans lassitude lorsque nous parlons ensemble de tout et de rien pendant des heures autour d’un brunch, d’un petit-déjeuner et même lors d’un déjeuner en ta compagnie sur les marches ensoleillées de la Grande Arche de la Défense. J’apprends à connaître petit à petit ce que tu adores, ce qui te passionne et ce que tu n’aimes pas forcément. Nous aimons rire sur les Capsules de Mère ou avec Connie et son Oscar du meilleur jetage de sable avec Iwazololaï tout en checkant s’il s’agit d’un vrai parquet ou de parquet flottant. Lorsque nous nous retrouvons l’un contre l’autre, j’aime t’embrasser délicatement et sentir le contact tendre de tes lèvres contre les miennes et la douce – parfois ferme – étreinte de tes mains sur mon corps, sur mes hanches et sur mes fesses. Je savoure la beauté et la pureté de ces instants où l’expression de nos sentiments ne connaît pas de plus belles preuves. Ces minutes hors du temps qui n’ont nul besoin de mots. Le langage de ton regard et la délicatesse de tes gestes se suffisent à eux-mêmes. Pour mieux te prendre dans mes bras et te regarder t’y assoupir. Je m’enivre de l’odeur suave de tes cheveux, de tes mains et de ton corps qui persiste sur le mien après de longues sessions de câlins ou encore l’odeur que tu laisses sur mes draps lorsque tu n’es plus là. Régulièrement, je me réveille en réalisant que je viens de rêver de toi. Pour finir et malgré nos quelques cheveux gris qui commencent à apparaître avec une certaine expérience de la vie – certes encore toute relative – je me suis surpris à connaître une extase et une plénitude jamais atteintes, pour ne pas dire totales et entières, lorsque nos corps fusionnent pour ne plus faire qu’un.

Demain, c’est Noël. Me vient l’envie de te parler du fond de mon cœur et de mon âme. Te dire ô combien tu as su m’apprivoiser, tel le renard du Petit Prince. Je dois bien t’avouer que je ne t’ai pas vu venir. Oui, je me suis laissé prendre au jeu. Tout d’abord, au jeu du sport. Puis, au jeu de l’amitié. Ensuite, au jeu du flirt. Finalement, au jeu de l’amour. Tu as fait voler mes certitudes en éclats. Dès lors, j’ai plongé dans le bleu de tes yeux sans jamais arrêter de penser à toi. Je ne me suis jamais lassé de parcourir les courbes de ton corps. J’aime imaginer que ma respiration caresse le creux de ton épaule tel l’alizé qui souffle sur la mer des Caraïbes. J’ai envie que tes lèvres effleurent les miennes chaque jour qui passe. De fermer les yeux tout en les gardant ouverts. De te regarder encore et toujours, magnifique homme que tu es, habillé, en sous-vêtement ou dans le plus simple appareil. De me sentir pleinement entier et vivant. D’attraper nos deux âmes et les entrelacer. De te tendre la main pour dissiper tes doutes et tes appréhensions… Nous avons déjà passé quelques mois exceptionnels ensemble à partager des choses simples et pourtant magiques. Lovés l’un contre l’autre devant des films d’animation, dans des salles du mk2 Bibliothèque et de l’UGC Gobelins ou encore en se promenant au sein des collections d’antiquités orientales du Musée du Louvre pour admirer les taureaux androcéphales de Khorsabad ou la frise des archers du Palais de Darius Ier. Oui, je vis des instants d’or à tes côtés. J’ai envie de partir en voyage avec toi. En France, en Europe ou même plus loin. Pour profiter de ta connaissance de Rome ou pour que nous arpentions ensemble les ruines de l’empire Khmer au sein de la cité d’Angkor, au Cambodge. Sans nécessairement partir loin, je veux continuer à découvrir l’imposante culture cinématographique que tu possèdes afin de mieux combler les lacunes de la mienne. Ou encore (re)découvrir la beauté de Paris avec toi. Je n’oublie pas la situation actuelle pour autant. Sans savoir ce que je représente à tes yeux ou ce que l’avenir nous réserve, je ne sais pas si j’arriverais à t’offrir au quotidien ce dont tu as réellement besoin, ni même si nous passerons plutôt des mois ou des années côte à côte. Sache qu’en ce jour si spécial de l’année, j’ai réalisé lors d’un tout récent voyage en Asie à quel point tu es devenu important dans ma vie. Tu as su trouver une place dans mon cœur. Inconsciemment, je n’attendais qu’une confirmation de cette réciprocité. Nous avons fêté Noël avec quelques jours d’avance, ce vendredi 14 décembre. J’espère que ces quelques lignes te toucheront tout autant voire plus que le cadeau que j’ai pu t’offrir. Le tien m’a énormément touché car tu as su y combiner deux de nos intérêts personnels tout en y apportant une touche subtile d’auto-dérision. C’est sans compter sur ce moment où j’ai croisé ton regard. Quelques instants plus tard, alors que nos deux corps ne formaient plus qu’un seul, voir tes yeux humides et t’entendre murmurer « Je t’aime » a réellement hypnotisé mon cœur.

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