Différence innée ou acquise

Lions gayAujourd’hui la télévision suédoise diffusait un documentaire très intéressant sur l’origine de l’homosexualité. Car même si celle-ci a existé au sein de toute civilisation et à toute époque, sa perception a été de nombreuses fois l’objet de débats houleux et qui plus est, encore plus dans le cadre d’une élection présidentielle. La question demeure hautement délicate. Et pour comprendre la force des préjugés, il faut tout simplement remonter le temps. Il n’est pas pourtant pas nécessaire de se rendre à des siècles du nouveau millénaire. Avant même la Seconde Guerre Mondiale, lorsque Hitler arrive au pouvoir en 1933, il décide alors de purifier la race aryenne sous couvert de constats simples : les pédérastes nuisent à l’expansion démographique et sont féminisés, donc incapables de combattre et de défendre le Reich. Le régime nazi divise alors les homosexuels en deux groupes. D’un côté ceux dont la sexualité déviante serait innée et de l’autre côté, ceux sont la sexualité serait acquise donc « soignable ». Cette théorie appuyée sur des travaux médicaux d’avant-guerre avait eu pour conséquence initiale de vouloir faire reconnaître l’homosexualité comme un état naturel et ouvrir la voie à un autre regard sur les choses. Mais l’Histoire en décida autrement et l’explication scientifique fut détournée de son but premier pour servir une dictature.

Uniforme au triangle rose de l'Holocauste
On pensait alors très sérieusement que les testicules des homosexuels produisaient des œstrogènes et non pas de la testostérone. Chaque être à la sexualité innée pouvait alors contaminer un autre lors d’un rapport sexuel et lui transmettre son « mal », faisant de lui un homme à la sexualité acquise. Les dénonciations, les soupçons de fantasmes contre nature, les personnes ambiguës, commencèrent à s’accumuler et inutile de préciser que la présomption d’innocence n’était pas vraiment de mise à cette époque. Dans la hiérarchie concentrationnaire se situaient uniquement les Juifs et les Tziganes en-dessous des hommes au triangle rose. Reprenant des pensées médicales, les Nazis expérimentèrent la castration à grande échelle sur les prisonniers. Certains survivants ont rapporté des récits atroces d’opérations réalisées sans anesthésie, où les patients se retrouvaient avec un sac de sable entre les cuisses pour arrêter l’hémorragie. Combien ont-ils été ? Cinq mille, peut-être quinze mille ou dix fois plus ? Aucune archive détaillée sur les homosexuels internés dans ces camps d’expérimentation chirurgicale n’a été retrouvée à ce jour ; y en-a-t-il tout simplement eu ?

ADN
L’homosexualité a-t-elle sa part de génétique ou bien est-elle vraiment le fruit d’une éducation et de traumatismes survenus lors de l’enfance comme le soutiennent de nombreuses organisations chrétiennes états-uniennes ? Certains scientifiques pensent qu’une légère déficience du chromosome X tendrait à favoriser le développement de l’homosexualité chez certains hommes. Ces deux théories de l’inné et de l’acquis s’opposent sur le continent américain là où le débat semble dépassé en Europe. Mais si prise de position il y a, ne risquons-nous pas de démontrer que l’Histoire n’est pas un progrès continu ? Le droit d’aimer librement disparaîtra-t-il de nouveau, un jour, dans certains pays ? Si les progrès de la médecine et de la recherche arrivent à démontrer une réelle déficience de l’ADN, cette dangereuse découverte ne sera-t-elle pas un outil redoutable entre les mains d’un tyran pour tenter de recréer une population exempte de tout défaut ? Dans le cas contraire, faudra-t-il ouvrir des consultations thérapeutiques destinées à corriger l’homosexualité acquise, au cours de son enfance, d’un patient ? En attendant, la question fait toujours débat dans le monde scientifique.

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