Dors mon petit Prince

Love in the snow
Un soir, à Bruxelles. Un certain vendredi 16 mai 2008. Le temps s’est écoulé alors que ta main glissait rejoindre la mienne. Celles-ci semblaient ne pouvoir se séparer en aucun cas. Ces quelques instants de tendresse n’ont fait que coucher sur le papier le début d’une très belle histoire. Peut-être était-il trop tôt pour parler d’amour ou puisse-t-il n’y en avoir jamais entre eux deux, mais ce soir là, ils se retrouvaient l’un à côté de l’autre, c’était leur toute première fois. Puis, sans que ni l’un ni l’autre se sache pourquoi, leurs corps se sont rapprochés et leurs lèvres se sont rejointes. Personne n’aurait laissé penser que cette banale journée de visite de la capitale belge se serait terminée sur des notes d’amour que même les plus célèbres compositeurs et poètes n’avaient un jour imaginées. Si les flèches de Cupidon n’avaient pas encore transpercé le cœur de ses deux protagonistes, il n’en demeurait pas moins que leurs mots, leurs gestes et leur actes, témoignaient d’un respect mutuel, et sans doute d’une certaine forme d’attachement et d’amour. Leurs baisers transformèrent les secondes en tourbillons de sensations inouïes, leurs caresses firent de leurs peaux respectives des voiles de soie et de satin et finalement leurs corps s’assemblèrent pour ne plus former qu’un seul être. La nuit se termina blottis l’un contre l’autre, à ne penser qu’à l’instant présent, à ce bonheur que ces moments passés ensemble leur avaient procurés. Puis la fatigue eût raison de l’un d’entre eux, parti rejoindre le royaume de Morphée après avoir quitté le jardin d’Éros.

Gay sleeping together
C’est ainsi que l’autre jeune homme se mit à l’observer, à regarder son semblable dormir. Le visage reposant sur son bras droit, il lui tournait certes le dos, mais ne lui empêchait nullement de profiter du spectacle qui s’offrait à lui. Ses paupières avaient clos ses grands yeux bleus et la sérénité éclairait son visage à la peau encore dorée par le soleil de ses nombreux voyages. S’il y avait une chose qu’il aimait faire, c’était bien jouer avec les cheveux blonds de son amour qui frisaient à n’en plus finir. Sa respiration silencieuse alternait parfois avec quelques vrombissements que quelques doigts se promenant sur son corps suffisaient à contrôler. Pendant que l’un sommeillait, l’autre réfléchissait à ce que signifiait cette passion naissante qu’il n’avait encore jamais éprouvé. Il était encore loin de savoir qu’il connaîtrait le plaisir de voir cet homme dormir pendant encore plus d’un an. Plus d’une année. Plus de 365 jours ponctués de rires, de larmes, de fêtes, de surprises, et de retrouvailles lorsqu’il revenait de voyage d’affaires, qu’il s’agisse d’un vol en provenance de Dubaï, Casablanca, Atlanta ou encore Stockholm. Que l’un ou l’autre soit malade, sa moitié veillait sur lui avec attention et amour. Que l’un ou l’autre ne soit pas à Bruxelles ne changeait rien non plus à la force des sentiments et la confiance qu’ils se portaient mutuellement. Ensemble ils se rendaient à Reims, Amsterdam, Luxembourg, La Haye, Lisbonne ou encore Venise, avides l’un comme l’autre de découvertes de cultures étrangères. Ils avaient en tête d’aller au Mexique, en Inde, aux États-Unis.

baignoire triste
Malheureusement, la veille de la Fête Nationale française, le 13 juillet 2009, les sentiments avaient évolué. C’est ainsi que nos deux amoureux se quittèrent l’âme emmêlée, le cœur lourd, plein de regrets et les yeux humides par des larmes incontrôlables. Il ne l’avait jamais vu extérioriser ce qu’il ressentait de manière si forte. Qu’est-ce que pouvait bien signifier le fait qu’il pleurait, tant l’évènement paraissait inconcevable ? Quant à l’autre homme de cette histoire, il pleurait de perdre l’amour, probablement l’amour de sa vie, celui dont il avait toujours rêvé lors des longues nuits d’hiver, mais que pouvait-il faire à part exprimer le chagrin qu’une si grande perte causait à son existence. Oui, il était têtu et aimait bien ressasser les mêmes problèmes et sujets de conversation qui lui tenaient à cœur, mais il ne pensait pas avoir autant mis tant à rude épreuve l’amour que sa moitié lui portait jusqu’à le conduire à l’épuisement. Les secondes, les minutes, les heures étaient désormais interminables. Chaque jour qui s’écoule maintenant est un déchirement, les nuits sont atroces, le lever du soleil est un instant amer qui n’augure qu’une journée de plus remplie de peine, d’incompréhensions, de questions, de douleurs. Cette histoire aurait pu être insignifiante, ennuyeuse, et quelconque, mais c’est la nôtre. A mes yeux, elle est éternelle, intemporelle, et surtout, sublime.

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